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Le Dossier

Des élections régionales historiques en Nord-Pas-de-Calais-Picardie – Bilan dans le Cambrésis

3 – La gauche tente de digérer son échec, « C’est un immense gâchis », estime Patrick Kanner


 L'alliance de la gauche au second tour avait été la principale raison de la victoire aux élections régionales de 2010. À l’issue du premier tour, largement dominé par le parti socialiste, les cinq formations de gauche (PS, Front de gauche, Europe Écologie, MRC, PRG) font liste commune pour le deuxième tour des Régionales. Ils seront au total 73 à siéger au conseil régional. Cinq ans plus tard, il n’y a aucun conseiller régional de gauche : « Cela ne s’est jamais produit aussi bien en Nord Pas De Calais et en Picardie, résume Patrick Kanner, ministre PS à la Ville, de la Jeunesse et des Sports. C’est extrêmement décevant quand on connaît le bilan de Daniel Percheron et Claude Gewerc, qui était assez remarquable. Si je réduis mon jugement à ma région, le Nord-Pas-de-Calais Picardie, les transports, la culture, la prévention, le développement des scanners et des hôpitaux qui en manquaient, la formation professionnelle : c’est un immense gâchis. »
Depuis la création des conseils régionaux en 1986, les présidents du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais ont toujours été de gauche. Les questions, un mois après le résultat de ces élections, sont encore très nombreuses pour Sandrine Rousseau, d’Europe-Écologie-Les-Verts, « Pourquoi en est-on là ? Pourquoi cela n’a pas fonctionné ? En même temps, je pense qu’il n’y a jamais eu d’élection juste après un attentat et pendant un état d’urgence. On n’a jamais eu un Front National comme cela. À ce jour, je n’ai toujours pas les réponses à ces questions. »


La division entre le Parti Socialiste et Europe Écologie les Verts a pourtant été claire en octobre 2015, moment choisi par Jean Christophe Cambadélis pour tenter d’unir les sympathisants de gauche et les écologistes aux régionales, « Nous avons toujours fait ce pari qui était d’aller chercher le plus de voix possible à gauche. Et l’alliance avec le Parti Socialiste, en l’état de la politique qui était menée, nous faisait perdre des voix. On s’est toujours présenté séparément, répond Sandrine Rousseau. Encore une fois, le résultat n’aurait rien changé. La seule chose, éventuellement, qui aurait pu tout faire basculer c’est une alliance de toute la gauche. Sauf que les communistes ne l’ont jamais voulu. C’était possible sur le papier, mais pas en réalité. Et dans le cas de figure où la gauche unie bat Xavier Bertrand, que se passe-t-il ? Au soir du premier tour, on a Le Pen face à nous. On sait que Xavier Bertrand ne voulait pas se désister, avec derrière une triangulaire, et Marine Le Pen présidente. De toute façon, la seule morale de cette élection, c’est que quand Marine Le Pen fait 41%, il n’y aucune stratégie qui est mise en place. Il y a donc des vraies questions à se poser. »
Pour Patrick Kanner, l’union aurait pu être bénéfique, « Pierre de Saintignon et d’autres ont tout fait pour. Il y a peut-être des problèmes de personne entre Pierre de Saintignon et Daniel Percheron, mais il n’y a pas de problèmes idéologiques entre les deux hommes. Nous n’avons pas changé notre ligne. En quittant le gouvernement en 2014, et en s’alliant avec le Front de Gauche aux départementales et aux Régionales, les Verts ont fait un choix. Je le respecte, mais en même temps j’en vois les conséquences. Pour quel gain ? Les Verts ont trois fois moins d’élus que précédemment sur l’ensemble de la nation. Si la logique et de nous attirer par le bas, je le regrette fortement. Honnêtement, une dynamique Pierre de Saintignon et les Verts auraient pu faire passer la barre des 25 voir 26% et on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui. Je le regrette. »

Dans son discours d’investiture, Xavier Bertrand a tenté de rassurer les élus de la gauche, « J’ai pleinement conscience que toutes les forces politiques régionales ne sont pas représentées dans cet hémicycle. Je réunirai ici même, une fois par trimestre, les parlementaires régionaux et les élus des grandes collectivités pour évoquer avec eux les sujets de notre territoire » Pour Sandrine Rousseau, ce discours ne passe pas, « ll dit qu’il consultera les grands élu(e)s, et quand on regarde les vice-présidents il y a énormément de personnes qui sont en situation de cumul de mandats. On est en fait dans une espèce de mainmise de quelques-uns sur tous les pouvoirs. Xavier Bertrand le reproduit avec une nouvelle génération, mais de manière très forte. Est-ce que cela va être accepté par la population ? Je ne sais pas. » Pour Patrick Kanner, il faudra bien évidemment que la gauche se reconstruise, en se souvenant que la droite en 2010 avait connu pareil mésaventure, « Il faut dessiner les contours d’un collectif, même si cette période est triste pour nous. Il faut laisser du temps à cette reconstruction. Vous verrez que dans 5 ou 6 ans, les choses auront évolué et je l’espère positivement pour nous. On a souvent dit pendant des années que c’était la droite la plus bête du monde, souvent divisé. Attention à ne pas avoir ce réflexe vis-à-vis de nous. La droite a montré qu’elle était capable de s’unir. En s’unissant, elle gagne. » Une leçon à retenir pour la gauche.

 


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